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La prophétie des pierres précieuses
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Affiliation | Pierres magiques | Bijoux Pierres | Crystal Energy

En même temps qu’il donnait la mort par l’envoûtement, le sorcier, par
l’aiguillette, empêchait l’homme ou la femme de transmettre la vie. Ce
maléfice, connu de l’antiquité, est mentionné dans Virgile et dans
Ovide. Le nouement de l’aiguillette se faisait ordinairement pendant la
cérémonie du mariage. Le sorcier opposait aux paroles du prêtre des
paroles magiques, en prononçant le nom des deux époux, s’il voulait les
ensorceler, tous deux, ou seulement le nom du mari ou le nom de la
femme; s’il ne voulait en ensorceler qu’un seul. De plus, lorsque le
prêtre disait les paroles sacramentelles, celui qui pratiquait le
maléfice faisait un ou plusieurs noeuds à un bout de cuir, de laine, de
coton ou de soie qu’il tenait à la main, et dès ce moment l’aiguillette
était nouée, c’est-à-dire que la consommation du mariage devenait
impossible, et restait impraticable aussi longtemps que le noeud n’était
point défait. Le maléfice était beaucoup plus puissant encore, quand on
avait fait passer le noeud magique à travers l’anneau nuptial. La femme
pouvait elle-même nouer l’aiguillette à son mari, et pour cela il lui
suffisait, le jour de ses noces, de jeter son anneau de mariage à la
porte de l’église où la bénédiction lui avait été donnée, ou bien, la
première union contractée devant un prêtre, d’en contracter
immédiatement une seconde devant un juif, un excommunié ou un Turc, ou
bien encore d’envelopper une aiguille dans un drap mortuaire et de
mettre cette aiguille sous du fumier. Dans l’antiquité, les procédés
étaient différents. On faisait des figures de cire, comme dans
l’envoûtement du moyen âge; on prononçait sur ces figures des
imprécations, et on leur enfonçait des clous ou des aiguilles à la place
du foie, siège de l’amour. Le moyen le plus sûr de se préserver de ces
maléfices, c’était de porter dans le chaton d’une bague une dent de
belette; mais une fois le sortilége opéré, la personne qui avait noué
l’aiguillette pouvait seule la dénouer. Elle devait surtout faire
attention à ne point couper le noeud, car dans ce cas l’enchantement
était éternel.

L’aiguillette, comme toutes les choses du moyen âge, avait son
contraire, et les hommes qui, dans certains cas, détruisaient l’amour,
le produisaient dans d’autres circonstances. La huitième églogue de
Virgile fait connaître avec détail les pratiques au moyen desquelles on
allumait dans le coeur des hommes ou des femmes d’irrésistibles
passions. Dans ce curieux morceau de poésie, on voit une sorcière,
fatiguée de l’indifférence de son amant Daphnis, essayer, pour exciter
ses feux, des formules les plus efficaces. On la voit portant une figure
de cire au pied des autels, l’apostropher dans les termes les plus
passionnés. Elle ceint cette figure de trois bandelettes de couleurs
différentes, et s’adressant à Amaryllis, elle la conjure de nouer les
trois bandelettes de trois noeuds, et de dire, en faisant cette
opération, qu’elle serre les liens de Vénus. On opérait encore au moyen
des breuvages connus sous le nom de philtres; mais ces breuvages
n’étaient souvent, et tout simplement, que des boissons aphrodisiaques,
et même des poisons, comme on le voit par le philtre qui donna, dit-on,
la mort au poëte Lucrèce.

Les philtres furent également connus du moyen âge. On les fabriquait
avec de la racine d’_emilæ campanæ_, cueillie la veille de la
Saint-Jean, de la _pomme d’or_, de l’ambre gris, le tout mêlé et trituré
avec adjonction d’un morceau de papier sur lequel était écrit le mot
_sheva_. Leur usage était extrêmement répandu; sous le règne de Louis
XIV, les plus hauts personnages en usaient avec une confiance aveugle,
et le résultat le plus certain de cette mode singulière fut d’enrichir
les charlatans qui les vendaient et de ruiner souvent la santé de ceux
qui les avaient achetés.

L’amitié s’improvisait avec la même facilité que l’amour. On n’avait,
pour la faire naître, qu’à fabriquer deux figures de cire qui
s’embrassaient, et à les lier ensemble au moyen de cordonnets de soie.
Les hommes dont elles offraient l’image, et dont elles portaient le nom,
restaient amis aussi longtemps qu’elles restaient attachées elles-mêmes
par leurs cordonnets. L’_alphabet sympathique_, auquel bien des gens
croient encore aujourd’hui, complète toute la partie de la sorcellerie
qui se rapporte à l’amitié. Pour composer cet alphabet, on se traçait
sur le bras la figure des vingt-quatre lettres, au moyen d’une aiguille,
et on introduisait dans les piqûres le sang de l’ami avec lequel on
voulait correspondre à tous les moments de la vie et à toutes les
distances. Cet ami répétait sur lui-même une opération semblable, et dès
ce moment, quand l’un des deux individus voulait donner de ses nouvelles
à l’autre, il n’avait qu’à toucher successivement toutes les lettres
composant les mots nécessaires à la correspondance; l’autre personne
ressentait immédiatement une légère douleur au bras, à chacune des
lettres que son ami avait touchées. C’était un véritable télégraphe
humain, moins les résultats positifs.

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