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les mandragores et les androïdes ont souvent été confondues avec les figurines de cire qui servent aux pratiques des envoûtements.
La mandragore naturelle est une racine chevelue légèrement narcotique, les anciens lui attribuaient une vertu aphrodisiaque qui la faisait rechercher par les sorcières pour la composition des philtres.
Cette racine est-elle, comme le suppose un certain mysticisme magique, le vestige ombilical de notre origine terrestre?
L’homme est sorti du limon de la terre il a donc du s’y former en première ébauche sous la forme d’une racine. Les analogies de la nature exigent absolument qu’on admette cette notion, au moins comme une possibilité.
Les premiers hommes eussent donc été une famille de gigantesques mandragores sensitives que le soleil eut animées, et qui d’eux-memes se seraient détachées de la terre, ce qui suppose d’une manière positive, la volonté créatrice et la coopération providentielle de la première cause, que certains appelent DIEU.
Certains anciens alchimistes, frappés de cette idée ont cherché à reproduire artificiellement une bourbe assez féconde et un soleil assez actif pour humaniser de nouveau cette racine et créer ainsi des hommes sans le concours de femmes.
D’autres, qui croyaient voir dans l’humanité la synthèse des animaux, ont désespéré d’animer la mandragore mais ils ont croisé les accouplements monstrueux et ont jeté la semence humaine en terre animale, sans produire autre chose que des crimes honteux et des monstres sans postérité.
La troisième manière de former l’androïde, c’est par le mécanisme galvanisé.
On attribue à Albert le Grand un de ces automates presque intelligent, et l’on ajoute que saint Thomas le brisa d’un seul coup de baton parce qu’il était embarrassé de ses réponses.
Ce conte est une allégorie.
L’androïde d’Albert le Grand, c’est la théologie aristotélicienne de la scolastique primitive qui fut brisée par la Somme de saint Thomas ce novateur qui substitua le premier la loi absolue de la raison à l’arbitraire divin, en osant formuler cet axiome: « Une chose n’est pas juste parce que Dieu le veut mais Dieu le veut parce qu’elle est juste. »
L’androïde réel, l’androïde sérieux des anciens, était un secret qu’ils cachaient à tous les regards, et que Mesmer (fondateur de la théorie du magnétisme animal, aussi connue sous le nom de mesmérisme) le premier a osé divulguer . C’était l’extension de la volonté du mage dans un autre corps, organisé et servi par un esprit élémentaire en d’autres termes plus modernes et plus intelligibles, c’était un sujet magnétique.
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Dans la langue sainte, le mot sabbat vient de la racine schab, qui veut dire repos; dans la langue démoniaque, il vient du mot grec sabadziox, Bacchus, d’où ont été formés les molssabadzo, se livrer aux plus indécentes folies de l’ivresse, sabakai, des bacchantes ; sabasmos , le cri des bacchantes en fureur. Les sabbats des gnosliques sont donc la continuation des plus détestables mystères du paganisme.
Les sabbats se tenaient toujours dans des cachettes, ou dans des lieux éloignés des voies fréquentées. Par excès de précaution , l’on plaçait des sentinelles a l’entour, avec mission d’éloigner les passants ou d’avertir du danger ; ce qui n’empêcha pas toujours des personnes étrangeres d’arriver à l’improviste, et à leur grande surprise comme à celle des assistants, au milieu de la réunion.
Sur un autel trônait une idole : une oie, un chat, un bouc, un tronc d’arbre , le vase aux crapauds; souvent un homme à masque de bouc, avec des visages humains aux genoux et ailleurs; quelquefois un homme et une femme non masqués qu’on appelait le roi et la reine du sabbat.
Lorsque le président était masqué le masque portait trois cornes, avec un fanal à celle du milieu. Des appariteurs armés de baguettes réglaient l’ordre et maintenaient les rangs.
Chacun, à son arrivée, allait saluer le président ou l’idole, et lui faire une offrande, ne fût-ce que celle d’un filament de son babil. Au départ, tous recevaient des jetons de présence, consistant en une rondelle de cuir, de fer mince ou de cuivre de la grandeur d’une pièce de monnaie.
Ces jetons, habilement substitués dans le commerce à la monnaie véritable, ont fait croire aux gens du peuple que l’argent touché par les sorciers se changeait en rondelles de cuir, et qu’il leur en venait réellement du démon. Cette opinion n’est pas encore effacée.
Les parents amenaient leurs enfants, et quand ceux-ci étaient trop jeunes pour prendre part à des actes dont ils auraient pu être les révélateurs, on les plaçait au bord d’un ruisseau ou près de vases remplis d’eau, on leur donnait des baguettes, et on leur disait de battre l’eau pour former la grêle.
Tous les membres de ces nocturnes assemblées n’étaient pas initiés au même degré.
Les nouveaux venus devaient être présentés par des parrains responsables, sous peine des plus cruelles fustigations et d’expulsion. L’admission était suivie d’un nouveau baptême, administré avec des cérémonies dérisoires.
Les enfants des personnes affiliées n’étaient soumis qu’à cette dernière formalité ; mais tous, en s’y soumettant, devaient renoncer au Christ. au chrême et au baptême, c’étaient les expressions consacrées, et reconnaître pour créateur et pour maître le démon , banni du ciel par la jalousie de Dieu, et qui devait le reconquérir un jour, et y placer ses adorateurs, après en avoir expulsé les saints.
Les membres qui n’étaient pas initiés complètement , croyaient voir le démon lui-même en regardant l’idole et cette idole , quand c’était un être humain , poussait des cris rauques, pour rendre l’illusion plus complète, ou parlait en altérant sa voix, pour n’être pas connu. Il recommandaiI à ses adorateurs le crime, et principalement la vengeance :
Vengez-vous ! vengez-vous! tel était ordinairement le cri de l’assemblée. Chacun allait donner un baiser a l’idole et cette cérémonie se faisait processionnellement avec des torches de résine ou de cire non blanchie, condition de rigueur pour mieux dénigrer ce qui se pratiquait à l’église.
Le diable distribuait ensuite des poisons, des poudres, des pommades et le jeton de présence.
Les plus jeunes membres et ceux dont le zèle n’était pas encore éprouvé, élaient obligés de faire leur confession; ceux qui n’étaient pas trouvés assez coupables, recevaient une sévère admonestation, ou même un châtiment. La sorcellerie, vengeance, l’empoisonnement des hommes ou des animaux, le crime et le vice, quels qu’ils fussent, recevaient des encouragements.
Après les premières cérémonies, venaient la représentation du plus auguste de nos mystères, le baptême des crapauds, les joutes et autres exercices de gymnastique ; le festin, dans lequel il est malheureusement trop prouvé qu’on a servi jusque près de nos jours de la chair de petits enfants.
Les procédures faites en Allemagne s’accordent en ce point, comme dans tout le reste, avec les dépositions reçues par les tribunaux de France.
Venaient ensuite les rondes dos à dos et les danses de diverses espèces. Trois étaient plus spécialement en usage dans les sabbats : la valse, la danse bohémienne et le branle ; celle-ci s’exécutait en tournant, avec des mouvements de tète en avant et en arrière, à droite et à gauche. Elle était encore très commune au xv siècle, et surexcitait les sens au suprême degré.
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