Saint Gerbold vivait au septième siècle ; il demeurait en Angleterre, chez un riche seigneur, lorsque son maître irrité lui fit attacher une meule de moulin au cou et le fit jeter à la mer.
Aussitôt la pierre devint légère comme du liége; la corde se détacha, et le saint, placé sur sa meule, vogua paisiblement vers les côtes du Bessin.
Il aborda à Ver, dans la saison la plus rigoureuse de l’année, et la verdure et les fleurs naquirent de tous côtés sous ses pas ; c’est depuis ce temps que ce lieu a été appelé Ver.
Le saint s’établit à Crépon, sur les bords du ruisseau de Provence, ou il se construisit un petit ermitage.
Sa sainteté, et surtout ses miracles le firent nommer à l’évèché de Bayeux. Lorsqu’il en prit possession, les rues par ou il passa se trouvèrent miraculeusement jonchées des fleurs les plus rares et les plus odorantes.
Malgré tout ce luxe de miracles, les Bayeusains ne tardèrent pas à se dégouter de leur évéque et le chassèrent ignominieusement.
Saint Gerbold jeta de dépit son anneau pastoral dans la mer, en disant qu’il ne reviendrait dans son diocèse que lorsqu’il l’aurait retrouvé. Pendant son absence, les habitants de Bayeux furent affligés de lienterie et d’hémorroides; ils ne tardèrent pas à reconnaître leur faute et envoyèrent prier saint Gerbold de revenir parmi eux.
Il eut pitié de leurs maux, retrouva son anneau pastoral dans le corps d’un poisson qu’on servait sur sa table, revint à Bayeux, et la maladie cessa.

